Lewis Trondheim - autoportrait

Trondheim : OVNI et chef de file du 9e art

Chaque mois, Blogpopuli part à la rencontre de clients au parcours remarquable ou original. En septembre, place au dessinateur de BD Lewis Trondheim, client de l’agence de Montpellier Jeu de Paume.

A la consonance de son pseudo, on l’imagine allemand ou américain(1). Erreur : Lewis Trondheim, icône de la « nouvelle vague de BD », est bien français. De Montpellier, où il a fait son nid en toute discrétion, il vient de sortir son 170ème album, Coquelicots d’Irak, intimiste, poétique et déjà encensé par la critique.

Il se dit « grognon », « paresseux » et « mauvais en dessin » ! Il est réservé (surtout avec les journalistes), prolifique (170 livres en 25 ans) et furieusement tendance.

Petit, Lewis Trondheim, se rêvait scénariste. Il l’est devenu, mais par un chemin détourné, alors peu reconnu dans les années 80 – si ce n’est via les traditionnels Mickey, Tintin et Lucky Luke – : la bande dessinée.

« J’ai appris à dessiner sur le tas. Au début, je griffonnais un petit bonhomme très moche. On peut être un dessinateur qui dessine mal si on sait bien raconter ! Il faut savoir mettre du suspens dans les pages pour donner envie de les tourner », raconte Lewis Trondheim.

Vingt ans plus tard, la signature Trondheim est internationalement reconnue et parfaitement reconnaissable : minimaliste, anthropomorphique (il dessine très peu d’humains), humoristique et surtout polymorphe.

Trondheim s’exprime sur tous les formats et dans tous les styles : du reportage documentaire au Journal de Spirou en passant par un mélange de polar, comédie, western (dans sa série culture Les formidables aventures de Lapinot), l’heroic fantasy (série Donjon) et même la publicité pour la Banque Populaire des Alpes !

« Il n’y a pas vraiment de porte d’entrée pour me découvrir. Je picore partout et je m’amuse », confie Lewis Trondheim.

Dans son dernier opus, Coquelicots d’Irak (La « BD de la rentrée » d’après Le Figaro(2)), il raconte la vie déracinée de son épouse, la coloriste Brigitte Findakly. Un récit autobiographique qui nous plonge dans l’Irak d’hier et d’aujourd’hui.

« Savoir que je peux encore changer de style à 51 ans me fait plaisir », lâche-t-il.

On est très loin de l’image d’Epinal de la Bande Dessinée. Lewis Trondheim fait partie de la nouvelle vague de la BD avec ses complices Sfar, Satrapi, Blain, Delisle, Winshluss ou encore Larcenet. Avec eux, la BD s’affirme comme un mode d’expression à part entière et résolument original.

Lewis Trondheim teste, expérimente, fonde une maison d’édition (L’Association), lance des tendances avec l’OuBaPo, L’Ouvroir de Bande dessinée Potentielle, dont le principe est de dessiner avec une contrainte volontairement imposée : raconter sans texte, débuter chaque page par la même case, faire que l’histoire se lise de gauche à droite et de droite à gauche, produire 500 pages exactement, etc.

Le dernier mouvement, ce fut les blogs BD. Il s’y est mis avec « Les petits riens » (http://www.lewistrondheim.com/blog) où il chronique une fois par semaine la vie ordinaire.

« La BD, c’est une gymnastique. Il y a un côté monacal. Il faut répéter, répéter et répéter pour entretenir le geste, et il faut avoir la foi ».

En 2006, un Grand Prix au festival d’Angoulême est venu récompenser l’ensemble de sa carrière (l’année suivante, il le présidait).

« Ça m’a fichu la trouille. J’ai cru que j’étais mort à 42 ans ! »

Finalement, celui que certains considèrent comme le « pape de la BD » a décidé de continuer à réformer le 9e art depuis son petit pavillon proche de la gare de Montpellier, nouveau Centre du monde de la BD.

Dédicace le 5 octobre 2016 à 18h00 à la Librairie Sauramps (Montpellier)

Pourquoi Lewis Trondheim est-il client à la Banque Populaire ?

« Par fidélité. En fait, ce sont mes parents qui ont fait le choix. J’y suis depuis tout petit. Satisfait, je n’ai jamais changé depuis. »

1. En souvenir d’un séjour dans l’une des villes les plus pluvieuses d’Europe, Trondheim, ancienne capitale de la Norvège.
2. Voir l'article du Figaro
Trondheim : OVNI et chef de file du 9e art

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