L’assurance-vie, un véritable « couteau-suisse »

27 février 2015

Zoom sur l’assurance-vie, un placement qui pèse 50% de l’économie financière des ménages soit près de 1500 milliards d’euros !
Entretien avec Marc Thomas-Marotel, Responsable de l’Expertise Patrimoniale et Financière chez Natixis-Assurances.

« L’assurance-vie, quasiment tout le monde en a. C’est le produit préféré des Français, un produit très populaire » indique Marc Thomas-Marotel Pour autant, le charme de l’assurance vie est-il toujours irrésistible ? Oui semble répondre notre expert. Pour mieux comprendre les raisons de ce succès, Marc Thomas-Marotel met en avant la flexibilité du produit qui s’exerce sur trois niveaux : Contractuel, financier et patrimonial.

Flexibilité contractuelle

Le premier niveau, et le plus évident, n’est autre que la flexibilité contractuelle. L’assurance-vie est d’une souplesse remarquable. Elle n’est pas soumise à un minimum, ni à un plafond.

« Vous pouvez effectuer des versements mensuels. Arrêter, puis recommencer. Sans oublier bien sûr la disponibilité permanente. C’est vraiment le réceptacle de tous les projets courts, moyens et longs termes : Retraite, transmission, crédit. C’est l’outil plastique multi usages par excellence, un véritable couteau suisse très adaptable » analyse le spécialiste.

Flexibilité financière

Le 2eme niveau est la flexibilité financière de l’assurance-vie, qui est le seul contrat d’épargne à permettre d’investir sur toute la gamme des produits financiers avec, en prime, la spécificité et l’originalité française du fonds général (dit aussi Fonds euros) , une exception mondiale.

« Le fonds général est essentiellement alimenté par des obligations d’états qui ne sont hélas guère rémunératrices. Et cette érosion des rendements est appelée à se poursuivre dans les années à venir. Cela dit, il est vain de se focaliser sur ce phénomène inévitable, et qui doit être relativisé dans un contexte d’absence d’inflation. Il faut souligner que la caractéristique juridique réside dans le fait qu’il offre une garantie illimitée des primes investies. Un produit sans risque cher aux assurés » indique l’expert.

A côté du fonds général, l’assurance-vie est également ouverte à tous les autres produits : Unités de compte, actions, obligations, pierre papier etc… Les contrats luxembourgeois permettent d’accéder à des actifs financiers plus sophistiqués.

« La diversification est nécessaire et possible, mais jamais seul. Il est ainsi préférable de donner la gestion financière de son contrat à un gérant financier qui investira au mieux en fonction du profil du client. La BPS dispose d’une équipe de gestion sous mandat composée de professionnels qualifiés » confirme Marc Thomas-Marotel.

Flexibilité patrimoniale

Dernier élément de souplesse avérée de ce type de contrat, la flexibilité patrimoniale notamment via la clause bénéficiaire. Il s’agit là d’un élément fort de singularité au sein des produits d’épargne. Avec l’assurance-vie, il est ainsi possible de désigner un bénéficiaire.

Une solution sur mesure adaptée aux situations personnelles ! « Attention cependant, la clause bénéficiaire doit, à l’instar du cholestérol (à l’oral c’est drôle, mais à l’écrit… ), être examinée tous les ans avec un conseiller. En effet, la vie peut changer, la fiscalité peut évoluer. Un check-up annuel de la clause bénéficiaire est indispensable » poursuit le spécialiste.

Fiscalité avantageuse

Et justement à l’évocation de la fiscalité, Marc Thomas-Marotel estime qu’elle ne doit en aucun cas être un critère déterminant de choix du placement financier.

« Il faut garder à l’esprit qu’il ne faut jamais s’enthousiasmer pour un avantage fiscal qui n’est jamais acquis. En la matière, nous avons une certitude, l’Etat revient souvent sur ses décisions. Le choix d’une stratégie d’épargne est donc avant tout un choix patrimonial structurant » confie-t-il.

La maîtrise de la fiscalité ne fait qu’améliorer ce choix et amplifier l’optimisation. Quand bien même et dans ce registre, l’assurance-vie s’en sort là encore plutôt mieux que les autres produits d’épargne dont la fiscalité est désormais alignée sur celles des revenus. Que ce soit en cas de vie ou en cas de décès d’ailleurs !

Dans le premier cas, l’assurance-vie bénéficie d’un prélèvement forfaitaire libératoire dégressif dans le temps avec un taux de 7,5% au bout de huit ans après un abattement de 4 600 euros pour un célibataire et 9 200 pour un couple marié ou pacsé.

« Il faut aussi savoir qu’en matière d’impôt, les taux portent sur une assiette. L’assurance vie jouit pour sa part d’un régime dérogatoire qui en fait une exception, avec une assiette d’imposition minorée » complète Marc Thomas-Marotel.

En cas de décès, il y a un avant et un après. Avant 70 ans, l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire en fait un placement imbattable sur le plan fiscal. Au-delà de 70 ans, les opportunités fiscales sont loin d’être négligeables. En cas de décès, les intérêts ne sont soumis à aucune taxation.

Avec une espérance de vie à près de 80 ans pour les hommes et environ 85 ans pour les femmes, l’avantage de l’exonération en devient substantiel, à tel point qu’un député a récemment voulu y mettre fin. Sans succès après veto du ministre en exercice !

Pas de doute l’assurance-vie demeure un produit d’épargne pérenne dans lequel on peut légitimement avoir confiance. Parole d’expert…


NB : le dispositif fiscal ci-dessus est susceptible d’évoluer. Le traitement fiscal de chaque souscripteur dépend de sa situation individuelle.

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