Bien préparer sa retraite, c’est anticiper la baisse inéluctable des pensions

11 janvier 2016

Le système de retraite « à la française » est, depuis une vingtaine d’années en proie à des déséquilibres de plus en plus importants. Aujourd’hui déjà, les sommes versées par les régimes de répartition sont insuffisantes pour assurer le maintien du niveau de vie de la plupart des futurs retraités. Une situation qui devrait encore se détériorer dans les prochaines années. Voici quelques conseils pour mieux appréhender ses vieux jours !

« L’avenir m’intéresse, c’est là que je compte passer mes prochaines années » ironise Woody Allen. Et justement, le réalisateur new-yorkais n’est pas le seul à faire des projets d’avenir.

Les futurs retraités, à plus ou moins long terme d’ailleurs, s’interrogent eux aussi sur les moyens qu’ils auront à disposition pour passer une fin de vie la plus agréable possible, entre bien-être et confort financier.

C’est un fait. Les pensions représentent, en moyenne aujourd’hui, environ 50 % du dernier revenu avant le départ en retraite.

Cependant, les écarts peuvent être significatifs selon les statuts professionnels et le niveau de rémunération au cours de la vie active. En règle générale, plus la rémunération d’activité était élevée, plus le taux de remplacement sera faible. C’est notamment le cas pour certains professionnels libéraux, artisans, commerçants ou chef d’entreprises dont les pensions n’atteindront que 10 % à 35 % de leur dernière rémunération, selon les cas. Qui plus est, ce ratio « revenus de remplacement sur revenus d’activité » subit une baisse constante depuis une dizaine d’années.

Autant dire qu’il ne faut pas attendre le dernier moment pour se pencher sur le problème.

Un effort d’épargne supplémentaire pendant la vie active

On l’a vu, les pensions qui seront versées ne suffiront pas à maintenir le niveau de vie acquis en période d’activité, il est fortement conseillé de commencer à épargner, régulièrement et le plus tôt possible.

Les formules disponibles sont nombreuses et variées. « Pour compenser cette perte de revenus annoncée, des solutions existent ; toutes supposent un effort d’épargne supplémentaire pendant la vie active » rappelle Anne Hernandez, experte patrimoniale à la Banque Populaire du Sud.

« La première mesure à prendre est si possible d’avoir intégralement financé sa résidence principale avant le départ en retraite », ajoute-t-elle. La constitution de ce patrimoine immobilier, le plus souvent acheté à crédit, est donc conseillé.

Pour se procurer des revenus supplémentaires, il faudrait également disposer, en fin de carrière, d’autres actifs, immobiliers ou financiers. Sur le plan de l’immobilier, il est ainsi possible d’envisager un investissement locatif, en direct ou via des formules collectives de type SCPI.

Les SCPI (société civile de placement immobilier)  constituent une solution simple et performante pour les particuliers désireux d’investir dans la « pierre » sans se soucier au quotidien de la gestion de leur patrimoine immobilier, ses avantages : simplicité (pas de formalités particulières), mutualisation et diversification, accessibilité en termes de montant, professionnalisme…

Le PERP, une fiscalité avantageuse*

Côté actifs financier, plusieurs méthodes sont possibles. Les produits qui permettent de choisir, ou non, une sortie en rente viagère sont les supports les plus répandus : assurance vie, PEA (plan d’épargne en actions) et PEP (plan d’épargne populaire).

L’avantage de l’assurance vie est qu’elle offre justement la possibilité de panacher entre sortie en rente et sortie en capital.

Les enveloppes où la sortie en rente est le plus souvent obligatoire sont (sauf cas particuliers) des produits d’épargne retraite. C’est le cas des formules individuelles comme le PERP (plan d’épargne retraite populaire) ou les contrats retraite Madelin.

Le PERP, parlons-en ! « Contrat d’assurance qui permet de se constituer une épargne retraite individuelle complémentaire par capitalisation, le PERP a connu une certaine désaffection de la part des épargnants mais il est redevenu attractif notamment grâce à sa fiscalité avantageuse » poursuit Anne Hernandez.

La souscription d’un PERP se traduit en effet par une attractivité fiscale tant pour l’impôt sur le revenu (IR) que pour l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

« Pour l’IR, les sommes versées sont déductibles chaque année du revenu imposable du foyer fiscal, dans la limite du plafond global** prévalant à tous les dispositifs de retraite sur-complémentaire » conclut l’experte de la Banque Populaire du Sud.

Une bonne gestion de la rente dans le temps

Reste qu’à l’heure de la retraite, la mise en œuvre de la rente doit être mûrement réfléchie et n’intervenir qu’à l’issue d’une estimation sérieuse des besoins lors du passage en retraite :

En début de période d’inactivité, entre 60 et 70 ans, les besoins – et donc les charges – sont quasiment identiques aux besoins de la période d’activité. Au-delà de 80-85 ans, ces besoins financiers ont a priori, sauf cas de dépendance, de fortes chances d’être moins élevés.

« C’est pourquoi il peut être judicieux de commencer, dans les premières années de retraite, par prélever sur son capital les liquidités nécessaires au maintien de son train de vie. Puis de convertir le capital résiduel en rente afin de se garantir un revenu minimum supplémentaire jusqu’à la fin de sa vie », propose Marc Thomas-Marotel, responsable de l’expertise patrimoniale et financière chez Natixis Assurances.

Autre stratégie possible, dans l’idéal : Répartir, dès l’entrée en retraite, son capital en plusieurs tranches : celui que l’on souhaite transmettre ; celui que l’on garde pour faire face à des imprévus ou financer des besoins ponctuels ; et celui que l’on aliène sous forme de rente.

Pourquoi le niveau des retraites est-il condamné à baisser ?

Pour tenter de rééquilibrer les comptes des régimes par répartition, structurellement déficitaires, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs réformes. Selon le Conseil d’Orientation des retraites (COR), celles-ci vont globalement dans le sens d’une réduction des droits et des montants versés aux futurs retraités avec effet attendu au milieu des années 2020 :

  • Recul de l’âge légal de la retraite (porté à 62 ans par la réforme de 2013).
  • Recul de l’âge de départ à la retraite à taux plein (porté à 67 ans pour les personnes nées après 1955).
  • Diminution progressive des taux de calcul des pensions, et gel ponctuel des revalorisations.
* Il est rappelé que les avantages fiscaux dépendent de la situation individuelle de chaque 
souscripteur et que ces avantages sont susceptibles d'être modifiés ultérieurement.

** : Ce plafond est égal au plus élevé des deux montants suivants : 
• 10 % des revenus d'activité professionnelle (après déduction des frais professionnels) ; 
• ou 10 % du PASS de l'année précédente (soit 3 755 € pour les versements en 2015 et 3 804 € pour ceux réalisés en 2016), ce plafond bénéficiant en pratique aux personnes n'ayant pas de revenus professionnels personnels ou à celles percevant des revenus professionnels inférieurs au PASS, ou encore à celles déclarant pour la première fois des revenus.

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