AVEC GENEPEP, KARINE PUGET CREUSE LE POTENTIEL SANTÉ DES PEPTIDES

13 juillet 2016

Diplômée en biologie moléculaire et cellulaire, Karine Puget a fondé Genepep en 2003 pour approfondir le potentiel des peptides en santé et cosmétique. Basée à Saint Jean de Védas, près de Montpellier, son équipe de 9 personnes travaille sur l’optimisation et la production de ces petites protéines aux multiples vertus. Cette chercheuse à la forte fibre entrepreneur, qui a su faire évoluer son entreprise, vient de rejoindre le conseil d’administration de la Banque Populaire du Sud.

Connaissez-vous les peptides ? Sans doute pas, pourtant le champ d’action de ces petites protéines se révèle extrêmement vaste.

« Ces molécules participent à la régulation de processus tels que la mémoire, le sommeil, le cancer, la prise alimentaire, l’ostéoporose ou encore le vieillissement, liste Karine Puget, PDG de la société héraultaise Genepep. Les peptides font l’objet de beaucoup de recherches pour trouver de nouveaux médicaments, mettre au point de nouveaux kits de diagnostic ou encore constituer le principe actif de certaines crèmes antirides. »

Fondée en 2003 par cette diplômée en biologie moléculaire et cellulaire de l’Université de Montpellier (elle a un doctorat en interface chimie-biologie sur l’identification de nouveaux peptides aminés naturels), Genepep s’attache à designer, optimiser et produire des peptides.

Son activité se répartit aujourd’hui à parts égales entre trois prestations : la construction de librairies de composés peptidiques, la synthèse sur-mesure et l’amélioration de peptides (pour les rendre plus stables, plus solubles…) et, depuis plus récemment, la synthèse sur-mesure de petites protéines par voie chimique.

« Genepep est une des premières sociétés françaises et internationales à proposer ce service », lance fièrement Karine Puget. L’équipe très qualifiée – elle se compose de 8 scientifiques de Bac + 3 à Bac +8 – travaille dans des locaux neufs à Saint Jean de Védas, avec un équipement ultra-moderne. Un post-doctorant les rejoindra prochainement.

Des débuts remarqués et encouragés  

Egalement diplômée d’un Master en gestion de projets, Karine Puget a toujours souhaité travailler dans le privé et gérer des projets globaux. La création d’entreprise l’a très tôt attirée.

« En parallèle de mon doctorat, se souvient-elle, je me suis présentée au concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes du ministère de la Recherche ».

Résultat : elle est double lauréate en 2001 et en 2002. Genepep figure aussi au palmarès du concours Tremplin Aventis en 2003. Des trophées qui donnent à Karine Puget les moyens de plonger dans le grand bain de la création d’entreprise.

« J’ai aussi eu la chance de bénéficier d’un excellent accompagnement », souligne-t-elle. Genepep a été soutenu par Languedoc-Roussillon Incubation, la banque publique d’investissement Bpifrance et le Business et Innovation Center (BIC) de la métropole de Montpellier.

« La pépinière Cap Alpha a été très présente, relève Karine Puget, comme la Banque Populaire du Sud. Cela a facilité le passage de l’idée à la création de l’entreprise. » 

Une relation durable avec la BPS

La rencontre avec la Banque Populaire du Sud date en effet des débuts de Genepep. « Frédéric Planche, alors directeur de l’agence de Jacou, est venu me présenter la banque et son action auprès des sociétés innovantes. Il proposait des solutions adaptées et un circuit de décision court. J’ai d’emblée apprécié son franc-parler et son suivi des dossiers, garants d’une relation de confiance sur la durée. »

Treize ans plus tard, la dirigeante est toujours accompagnée par Frédéric Planche, désormais Responsable développement entreprises & innovation à la Banque Populaire du Sud.

Mais la vie d’une entreprise n’est jamais un long fleuve tranquille : Karine Puget a dû modifier sa stratégie en profondeur en 2007-2008.

« Nous perdions de l’argent. J’ai dû restructurer la société autour de la chimie, adapter les moyens de production et le mode de fonctionnement. Ca a été un pari difficile pour l’équipe, les investisseurs et moi. Aussi mon meilleur souvenir est la première signature, en 2009, d’un contrat de plusieurs années avec un laboratoire pharmaceutique, Servier. Cela validait les choix stratégiques et mettait la société et l’équipe à l’abri pour la durée du contrat. » Karine Puget assure avoir bénéficié, dans cette phase difficile, du soutien « sans faille » de la Banque Populaire du Sud.

La nouvelle stratégie se révèle rapidement gagnante. Depuis 2008, l’entreprise a toujours eu des comptes positifs. Ainsi, Genepep a réalisé un chiffre d’affaires de 1,1 million d’euros en 2015, soit 7 fois plus qu’en 2008.

« Aujourd’hui, je peux dire que nous avons fait le bon choix, affirme Karine Puget. Mais il faut rester vigilant et se réinventer régulièrement pour coller au marché. Genepep va investir à la rentrée dans ses propres projets de recherche pour développer une nouvelle technologie. C’est un risque, mais cela nous permettra peut-être d’être encore présent et prospère dans 10 ans. »

« Messagère » de l’innovation

Cette expérience de création et développement d’une start-up innovante n’a pas manqué d’intéresser la Banque Populaire du Sud, qui a proposé fin mai à Karine Puget de siéger à son conseil d’administration.

« Je remercie le président André Joffre et le directeur général Pierre Chauvois de cette opportunité. En intégrant une femme et une chef d’entreprise baignant dans le monde de l’innovation, la banque choisit de ressembler à la société d’aujourd’hui et de demain. »

Karine Puget souhaite jouer « un rôle actif de représentation de la banque dans mon domaine d’activité, mais aussi de messager, pour faire remonter les besoins du domaine de l’innovation. »

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